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« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »

Albert Einstein

 LES DEVOIRS

Les devoirs représentent probablement le domaine dans lequel le sens de la résistance est le plus présent. Évidemment ! Cette journée là, le Champignon ne veut pas faire ses devoirs. 

On s’installe dans la cuisine, il fait trop chaud. Il s’énerve.

— Maman respire—

On s’installe sur le balcin, il y a trop de vent. Il s’énerve.

— Maman respire—

La résistance n’est pas verbale cette fois-ci, elle est dans la perception de l’environnement. Son comportement dit « Moi je veux bien faire mes devoirs maman, mais ça va me prendre un environnement idéal (pas chaud et pas venteux) ». Autant dire qu’il ne veut pas faire ses devoirs 😉

Je vais donc suivre le sens de la résistance… 
Je respire calmement et je dis comme si de rien n’était, très légèrement, comme une amie : « Tsé quoi ? Tant pis on ne les fera pas les devoirs. »

Vous vous rappelez du point de déséquilibre dans le premier épisode ? Nous y sommes. Et je me permets en toute confiance d’ajouter comme si de rien en disant « Tu peux aller au parc pour jouer si tu veux. »

Le Champignon est totalement en déséquilibre. C’est maman qui ne veut pas faire les devoirs, je lui ai pris sa place, sa résistance. Je lui ai pris son arme. Il est désarmé et me dit « Maman je veux faire les devoirs ! ». 

On s’installe dans une cuisine un peu chaude par un mois de septembre fort agréable pour étudier une liste de mots de 3e année en toute quiétude. 

 LE COUCHER DE SOLEIL

Depuis notre balcon nous voyons le coucher de soleil chaque soir, ou plutôt le début du coucher de soleil. Pour voir le plein potentiel de ces incroyables couleurs, il faut aller au bout de la rue (500 mètres). Ce soir le ciel s’enflamme. Je propose de prendre nos appareils photo (Champignon a découvert la photo depuis quelques mois) et d’aller faire quelques clichés. Il faut se dépêcher un peu car le soleil est un rapide dormeur. 

En sortant de l’immeuble, il réalise qu’il faut aller au bout de la rue. Il refuse. « je ne peux pas courir avec mes nouvelles chaussures » (affirmation relativement fausse car il ne les a jamais portées). 

Je pourrais prendre l’option maman colère qui, rejetant la faute sur l’enfant dirait : « oh de toute façon on peut jamais rien de fun avec toi! »

Je pourrais prendre l’option maman qui s’oublie en disant : « Ah oui, je comprends, je te comprends. C’est pas grave y en aura d’autres! »

Finalement je décide de prendre l’option maman qui s’écoute : « Ok. attends-moi là, je vais au bout de la rue prendre la photo ». Et je pars à la course. Je ressens une certaine liberté à ce moment-là. 

À mon retour, il vient de s’asseoir sur les marches de l’entrée et m’attends. Il me dit : « Regarde! J’ai pris des photos ». Et oui, le Champignon a pris des photos, du ciel, des nuages, des arbres, des autos. 

Il me dira plus tard : « Tu sais mes chaussures c’est juste une question d’habitude, des fois je cours avec. »