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“Quand on met l’habit d’académicien,
il se passe quelque chose”

Dany Laferrière

VIVRE LE MINIMALISME – Partie 1

Le 26 mars dernier, alors que j’étais en réunion virtuelle et que le champignon (surnom affectueux pour mon fils) profitait de sa journée pédagogique sur sa (ma) tablette, la fumée a envahit notre appartement et nous avons dû sortir en catastrophe. Le bloc appartement collé au nôtre était en feu, les pompiers (13 camions et 50 pompiers) arrivaient. Ils allaient, pendant plus de 3 heures, s’atteler à éteindre le feu et à limiter les dégâts.

Notre appartement n’a pas été la proie des flammes. Nous n’avons rien perdu de nos biens.

Notre appartement a cependant été goulument léché par la fumée provenant de la combustion de matériaux de construction (bois, laine de verre, murs en gyspe/placo-platre, plastique, etc.) laissant derrière elle une suie collante et noire ainsi qu’une odeur imprégnée à tout jamais dans ma mémoire olfactive.

Non, nous n’avons rien perdu et en même temps, nous avons tout perdu pour une durée non déterminée. Nos biens sont partis au nettoyage et seront entreposés jusqu’à ce que nous retournions dans notre appartement.

Le minimalisme et les vêtements

L’appartement a été déclaré inhabitable. Je suis allée récupérer mes biens les plus essentiels pour travailler (documents, laptop) et ceux pour vivre (mes lunettes, mes médicaments).Me voilà donc avec un laptop, des lunettes et mes vêtements du jour de l’incendie pour tout bien.

L’ensemble de nos garde-robes étaient imprégnés de cette odeur de brûlé. Impossible de porter le moindre vêtement même en les ayant lavés.

Mon amie m’a prêté des vêtements. 3 leggings de sport (magnifiques), un pyjama, 2 chandails, un hoodie (ultra confo) et une tunique noire (encore plus confo). Cette tunique noire je l’ai portée chaque jour. Elle m’a servi d’armure pour ces premiers jours. Je me suis sentie tout de suite à l’aise dans ce vêtement, comme s’il était le mien. Il est simple, noir, à manches longues et peut se présenter comme un vêtement de travail ou de sport. Parfait pour ma situation. Elle m’apporte un certain (ré)confort.

Le matin en me levant je n’ai plus de choix de vêtements. Legging, chandail et tunique noire. La simplicité, une de mes valeurs fondamentales, est comblée. Aucune réflexion à faire sur le style de vêtements adaptés à la rencontre d’aujourd’hui. Que je sois en train de coacher, de présenter un atelier ou bien encore de faire une rencontre virtuelle, la tunique noire est là.

La charge mentale

À l’image de Barack Obama, Marc Zuckerberg et Steve Jobs, j’ai éliminé la charge mentale de choisir mes vêtements le matin en adoptant un uniforme minimaliste.

Car, oui c’est une réalité, choisir ses vêtements le matin c’est parfois un casse-tête
Je me suis déjà dit que ce serait un bonne idée de noter les tenues que je portais pour telle réunion mensuelle pour ne pas les porter de nouveau lors de la prochaine rencontre et ainsi donner l’impression à mes interlocuteurs que je porte toujours la même tenue.
Grosse charge mentale !

Le télétravail a certes aidé un peu à diminuer cette charge mentale. Le pantalon, jupe ou legging n’est plus visible. Porter le même « bas » ne se voit donc pas. La charge se centre davantage sur le vêtement du haut. Et même si je ne suis pas une grande victime de la mode, j’ai quand même beaucoup de vêtements parmi lesquels choisir. Cela représente donc toujours un choix le matin.

Le calcul, très imagé, est facile à faire : « ne pas avoir à choisir ses vêtements supprime au moins 365 décisions par année. Entre l’âge de 6 ans et celui de l’espérance de vie moyenne au Canada, soit 82 ans, c’est donc plus de 27 000 décisions qui sont ainsi éliminées. » Source : LaPresse

La tunique noire et le fabuleux legging bleu

L’habit ne fait pas le moine, vraiment ?

Autre effet intéressant dans le fait de porter un « uniforme » c’est que les gens ne s’attardent plus à la forme (tes habits) mais mettent le focus sur le fond (ton discours ou ton expertise). Toujours dans le même article, on parle de l’exemple de ce présentateur télé qui a fait l’expérience de porter chaque jour les mêmes vêtements alors que la co-présentatrice changeait de tenue chaque jour. Le sujet des commentaires le concernant étaient plus souvent reliés à ses propos (le fond) alors que les commentaires faits à l’endroit de la co-présentatrice étaient en lien avec la forme (ses vêtements, coiffure, etc.).

Il y a également dans cette expérience une variable non négligeable : celle des attentes envers les hommes et les femmes en matière d’habillement. Et si l’expérience avait été faite avec une femme qui est une personnalité publique ?
Dans cet autre article, on découvre l’expérience menée pendant un mois par deux journalistes (homme et femme) qui ont adopté l’uniforme Zuckerberg (jeans et tee-shirt gris). Le résultat : personne n’a rien remarqué et ils ont tous les deux adoré l’expérience. Ça me laisse un peu sur ma faim… Comme sociologue, j’aimerais pousser plus loin cette expérience : sur le long terme ? dans des milieux différents ? à des âges différents ?

La morale de l’histoire

Mon inconscient, toujours à l’affût de mes sensations internes, a du entendre le message de bien-être que j’avais au moment de NE PAS choisir mes vêtements et au moment de revêtir cette tunique noire…  Lorsque j’ai  retrouvé nos vêtements d’urgence nettoyés en express par le nettoyeur, toutes les affaires de mon fils étaient là alors que pour moi il n’y avait que des sous-vêtements, 2 chandails et un legging. Des vêtements sélectionnés par moi et pour moi dans un moment d’embrumage de cerveau.
Me voici donc 2 semaines plus tard avec un uniforme assumé.

Et toi est-ce que tu portes un « uniforme » ?
As-tu un « style » à toi ?
Comment tu la ressens la charge mentale vestimentaire ?

Tu veux te lancer dans le minimalisme sans pour autant passer au feu ?
Regarde cette vidéo de 2 minutes sur le projet 3-3-3 / 33 morceaux de linge pour les 3 prochains mois.